Un deneigeur saoul arrêté

Article pris de Julie Charette (Le journal de Montréal)

Malgré le fait qu’un troisième préposé au déneigement y ait été arrêté ivre au volant en moins de deux mois, la Ville de Montréal se défend bien de vivre une véritable épidémie de déneigeurs y travaillant en état d’ébriété.

La Ville réfute ainsi le fait qu’il soit monnaie courante que les préposés au déneigement consomment de l’alcool sur leurs heures de travail.

«Le mot épidémie est un peu fort pour parler de la situation. Quand on parle d’épidémie, on parle d’augmentation exponentielle. Ce n’est pas le cas parce que nous avons eu trois cas, deux cols bleus et un sous-traitant», précise Valérie De Gagné, chargée de communication à la Ville de Montréal.

La Ville a été appelée à réagir à ce sujet aujourd’hui après qu’un second incident du genre dans la Métropole se soit produit en moins de 24 heures.

Dans la nuit de mardi à mercredi lors d’une opération déneigement, un homme de 57 ans a en effet été arrêté vers 3h35 à l’intersection des rues Notre-Dame et Vinet dans l’arrondissement du Sud-Ouest.

Le sous-contractant de la Ville de Montréal qui conduisait avec une caisse de bière à ses côtés a été accusé de conduite avec les facultés affaiblies.

Un scénario qui ressemble étrangement à celui de mardi dernier alors qu’un col bleu a été suspendu sans salaire après avoir conduit en état d’ébriété.

L’arrondissement du Plateau-Mont-Royal mène d’ailleurs une enquête interne à ce sujet. En décembre dernier, l’arrondissement Ville-Marie avait congédié un col bleu qui avait été surpris avec une bière ouverte dans sa déneigeuse.

Sanctions?

Pour ce qui est de mesures qui seront prises à l’endroit du sous-contractant délinquant, la Ville renvoie toutefois la balle à ses arrondissements.

«Le déneigement, c’est la responsabilité des arrondissements. C’est donc eux qui doivent voir à ce que les sous-traitants respectent le Code de la sécurité routière», mentionne Mme De Gagné.

À la suite de l’incident survenu dans la nuit de mardi à mercredi, l’arrondissement du Sud-Ouest a fait parvenir une note à ses entrepreneurs privés pour leur rappeler «qu’ils sont tenus de faire respecter les normes au niveau de la sécurité routière».

Après le dépôt de l’enquête du Service de la police de Montréal (SPVM), c’est l’entrepreneur privé qui décidera des mesures à prendre contre le préposé au déneigement fautif.

«C’est l’entrepreneur qui a à sévir sur son personnel et à décider s’il congédie son employé ou pas», indique la chargée de communication de l’arrondissement du Sud-Ouest, Denise Paré.

D’après les données du SPVM, les policiers ont émis 407 constats d’infractions à des déneigeurs l’hiver dernier.